Les chiffres frappent sans détour : plus de 5 millions de logements en France sont aujourd’hui classés F ou G au diagnostic de performance énergétique. Autrement dit, des « passoires thermiques » qui, dans certaines communes, sont désormais bannies du marché locatif sous peine de sanctions. Malgré ce cadre, des milliers de biens continuent à circuler sur les sites d’annonces, souvent par méconnaissance ou contournement des règles.
La majorité des propriétaires et locataires peinent encore à distinguer clairement les critères qui font d’un logement une passoire thermique. Beaucoup ignorent les outils à leur disposition pour se défendre ou rénover. Quant aux aides à la rénovation, elles existent, mais leur obtention ressemble parfois à un parcours d’obstacles mêlant paperasse et jargon technique. Bien choisir, bien rénover, tout commence par une information nette et des conseils adaptés à chaque cas.
Passoire thermique : comprendre les signes et les enjeux pour les locataires
Identifier une passoire thermique ne se résume pas à jeter un œil distrait à l’annonce. Dès que le diagnostic de performance énergétique (DPE) affiche une classe F ou G, le doute n’est plus permis. Cette étiquette, imposée lors de toute mise en location ou en vente, est désormais le marqueur incontournable. Le ministère de la Transition écologique l’affirme : ça concerne des millions de foyers.
Mais la performance énergétique DPE ne se limite pas à un chiffre. Elle pèse concrètement sur la vie des locataires : factures qui grimpent en flèche, besoin de chauffer sans relâche, froid persistant malgré les radiateurs à fond. Ce type d’habitat rejette aussi plus de gaz à effet de serre qu’un logement conventionnel, aggravant l’empreinte environnementale du secteur résidentiel.
Derrière ce ressenti inconfortable se cachent des réalités bien plus lourdes. Les passoires thermiques multiplient les déperditions, accumulent l’humidité, fragilisent la santé financière et physique de ceux qui y vivent. Depuis 2023, la législation a tranché : certains logements classés G ne sont déjà plus autorisés à la location. Le couperet tombera bientôt pour les logements classés F, durcissant encore les règles du jeu.
Avant de signer un bail, la lecture attentive du DPE s’impose donc. Un logement mal classé déprécie sa valeur, mais surtout, dégrade le quotidien. On parle ici de salubrité et de décence, pas seulement d’une ligne sur la facture d’électricité.
Comment savoir si votre logement est concerné ? Les indices qui ne trompent pas
Les signaux d’alerte ne manquent pas. Le premier indicateur fiable, c’est le diagnostic de performance énergétique (DPE). L’étiquette énergie, désormais obligatoire sur les annonces immobilières, indique d’emblée la classe énergétique du bien. Si elle affiche F ou G, le doute n’a plus lieu d’être : la passoire thermique est là.
D’autres indices, parfois plus vicieux, s’invitent au quotidien. Une isolation thermique médiocre se manifeste par des parois froides, des courants d’air incessants, la nécessité de superposer pulls et manteaux, même à l’intérieur. Quand le chauffage tourne sans relâche sans que la température ne décolle, la note d’énergie explose.
Voici quelques symptômes qui devraient faire réagir :
- murs ou plafonds humides, apparition de moisissures, condensation persistante sur les vitres
- chauffage daté ou inadapté, radiateurs électriques anciens type grille-pain
- dépenses d’énergie disproportionnées par rapport à la taille du logement
L’audit énergétique, imposé pour certains biens, apporte une vue d’ensemble : isolation, chauffage, ventilation… tout y passe. Comparez le DPE aux relevés de consommation pour croiser les données. Un logement classé F ou G, équipé d’un vieux chauffage et doté d’une isolation quasi inexistante, cumule tous les indices d’une passoire thermique.
Lois, droits et obligations : ce que tout locataire doit connaître
Loué ou mis en vente, un logement passoire thermique engage des règles précises pour le locataire comme pour le propriétaire bailleur. La loi française ne laisse plus de place à l’improvisation : depuis 2023, les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location. L’objectif porté par le ministère de la Transition écologique est clair : sortir du parc les biens les plus gourmands en énergie.
Tout propriétaire est tenu de fournir un diagnostic de performance énergétique (DPE) lors de la signature d’un bail. Ce document doit être accessible au locataire, qui pourra vérifier la classe énergie. Si le logement est classé F ou G, il n’entre plus dans le cadre de la décence. Le locataire peut alors demander des travaux de rénovation, ou saisir la justice pour faire appliquer ses droits.
Pour clarifier les obligations et les recours, voici les points clés à retenir :
- Le bailleur est tenu de réaliser des travaux de rénovation énergétique afin d’améliorer la classe énergétique du bien.
- Le locataire doit bénéficier d’un logement décent, sans avoir à supporter des dépenses énergétiques injustifiées.
- Un audit énergétique s’impose pour toute passoire thermique mise en vente ou en location.
Le cadre légal est en mouvement : dès 2025, la barre sera placée encore plus haut pour les performances énergétiques exigées à la location. Pour les locataires comme pour les bailleurs, mieux vaut suivre l’évolution réglementaire de près. Rénover, c’est bien plus qu’une obligation : c’est la perspective d’un parc locatif plus confortable et moins énergivore.
Des solutions concrètes pour améliorer son confort et agir efficacement
Pour sortir de la spirale, chaque étape compte. Le point de départ, c’est un diagnostic de performance énergétique (DPE) pour cibler les urgences. La rénovation énergétique démarre par l’isolation thermique : combles, murs, planchers, fenêtres. Changer de simples fenêtres pour du double vitrage, c’est tout de suite moins de courants d’air et une baisse tangible de la facture énergétique.
Avant de s’attaquer au chauffage, l’isolation reste la clé. Ensuite, la ventilation : installer une VMC adaptée, c’est limiter l’humidité et garantir un air plus sain. Côté eau chaude, miser sur un ballon thermodynamique ou des panneaux solaires peut faire la différence sur le long terme.
Pour mieux visualiser les priorités, voici les interventions recommandées :
- Traiter l’isolation en priorité, car un chauffage performant ne compense jamais des pertes massives de chaleur.
- Installer une ventilation mécanique contrôlée (VMC) pour assainir l’air et éviter les problèmes d’humidité.
- Moderniser la production d’eau chaude sanitaire avec des solutions économes, comme le ballon thermodynamique ou les panneaux solaires.
Des aides existent à chaque étape : MaPrimeRénov’, certificats d’économies d’énergie (CEE), éco-PTZ, ou encore le programme « Habiter Mieux ». Le plan climat et le ministère de la Transition écologique mettent à disposition des dispositifs variés, cumulables, qui allègent sérieusement la facture de travaux et valorisent le logement.
Un dernier conseil : faire appel à un professionnel certifié RGE assure une rénovation de qualité, avec des résultats à la hauteur des attentes. Les travaux de rénovation énergétique ne transforment pas seulement la performance du bien ; ils changent la vie, réduisent les émissions de gaz à effet de serre et redonnent de la valeur au logement. C’est plus qu’une mise à niveau : c’est un nouveau départ pour le confort et l’avenir.


