Depuis 2003, la réglementation européenne a verrouillé la cession de traverses de chemin de fer traitées à la créosote. Leur usage, hors du réseau ferroviaire, s’est retrouvé banni. La raison ? Leur toxicité, bien documentée, ne laisse aucune place à l’improvisation.Des exceptions subsistent, mais elles relèvent de l’exceptionnel. Accordées au compte-gouttes et soumises à des exigences strictes, elles ne concernent que des usages professionnels très spécifiques. Pourtant, malgré cette législation, on retrouve encore ces traverses sur certains marchés de l’occasion. Les risques, eux, n’ont pas changé : enjeux sanitaires, pollution durable, responsabilités engagées. Et chaque transaction hasardeuse maintient la menace.
Pourquoi la créosote rend les traverses de chemin de fer dangereuses pour la santé et l’environnement
Solidité d’apparence, héritage ferroviaire incontesté, les traverses de chemin de fer traînent aussi un fardeau bien moins reluisant. Leur robustesse doit tout à la créosote, ce produit qui leur assurait autrefois une longue vie face aux éléments. Mais l’effet secondaire est lourd : la créosote, extraite du goudron de houille, s’est révélée toxique, classée cancérigène par les instances sanitaires. Le constat ne fait plus débat.
Le danger n’est pas qu’une histoire de contact direct. Les substances toxiques contenues dans ces bois migrent : elles s’infiltrent dans le sol, contaminent l’eau, persistent tout autour. Qu’elles soient manipulées, coupées, simplement stockées, le risque perdure. Et lorsqu’il faut s’en débarrasser, impossible de s’en occuper comme de simples déchets verts, un traitement spécialisé est imposé, sous peine de pollution durable.
Voici précisément ce qui pose problème avec ces traverses créosotées :
- Le bois imbibé de créosote diffuse des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), substances réputées toxiques et potentiellement cancérigènes.
- Le règlement REACH interdit quasi systématiquement la réutilisation de ces traverses usagées hors du secteur ferroviaire.
La vigilance des autorités sanitaires s’accroît. Considérées comme déchets dangereux, ces traverses n’ont rien à faire dans un potager ou sous la balançoire d’un enfant. Aucune envie de bricolage ou de déco extérieure ne justifie de prendre à la légère un danger aussi tangible. Mieux vaut laisser la nostalgie ferroviaire sur les rails, là où elle appartient.
Quelles solutions pour obtenir des traverses sans risque : réglementation, conditions de don et alternatives sûres
Le texte est sans ambiguïté : depuis 2011, la vente comme le don de traverses issues des chemins de fer et traitées à la créosote est interdite pour les particuliers. Seules quelques entreprises disposant d’une autorisation, opérant dans des domaines bien précis, sont habilitées à se fournir encore de telles traverses, et la surveillance y est constante. Pour les particuliers, même gratuite, l’accès n’est plus possible.
Le cadre posé par la réglementation laisse donc très peu de marge possible à un éventuel don. À chaque étape : obligation de traçabilité, justifications sanitaires, et toute sortie du circuit officiel engage la responsabilité de celui qui transmet ou récupère ces matériaux. Pas de surprise : mieux vaut tourner la page sur ce type de récupérations.
Pour ceux qui souhaitent utiliser des traverses, quelques alternatives concrètes existent :
- Des scieries françaises produisent des traverses neuves en chêne ou azobé, sans traitement polluant : pratiques, solides, sûres et calibrées pour l’extérieur, le mobilier ou les aménagements paysagers.
- Les alternatives en matériaux composites ou issus du recyclage offrent durabilité, résistance et aucune exposition à des produits dangereux.
- Il est possible de consulter des annuaires spécialisés, comme ceux des professionnels du bois, pour repérer les fournisseurs respectueux de la législation environnementale et sanitaire.
Chiner de vieilles traverses ou accepter un lot douteux, c’est prendre le risque de transformer son jardin en trappe à polluants. Pour un extérieur sain, privilégier les matériaux sûrs, récents ou certifiés, n’a rien d’un luxe : c’est la condition pour préserver sa tranquillité et la qualité de son sol.
Le souvenir du rail ne justifie ni prise de risque ni nostalgie dangereuse : choisir un bois propre, c’est donner aussi une chance à la prochaine récolte, à l’arbre qu’on plantera, à la vie autour. L’époque des traverses créosotées appartient à une autre génération ; il est temps de tourner la page, et nul doute que la vigilance collective l’emportera sur le goût de l’aventure bricolée.


